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Ballerina, un goût de trop peu

Ballerina est un projet intriguant. Annoncé par Netflix depuis plus d’un an, le film a été enfin mis en ligne récemment et est déjà dans le top 10 des programmes les plus suivis de la plateforme. Cependant, l’attente en valait-elle réellement la peine ?

Manque de consistance

Jang Ok-Ju est une ancienne garde de corps menant une existence recluse. Sa vie prend un tournant tragique lorsque sa seule alliée se donne la mort et lui demande de retrouver la personne qui l’a poussée au suicide. Ok-Ju se lance alors dans une quête de vengeance pour honorer le dernier souhait de sa meilleure amie.

Ballerina

Tous les ingrédients nécessaires sont présents pour faire de Ballerina est un très bon film, mais la recette ne fonctionne pas vraiment. Les acteurs délivrent des performances convaincantes, l’histoire attise la curiosité, les personnages sont intrigants et la réalisation est soignée. Malgré tout cela, l’ensemble souffre d’un manque réel de profondeur. Dès les premiers instants du film, notre héroïne est présentée comme une sorte de Robin des Bois des temps modernes prête à affronter les plus puissants pour protéger les plus vulnérables. Pourtant, son passé de garde du corps, qui constitue sans doute l’aspect le plus mystérieux et attirant de l’intrigue, est à peine effleuré par le scénariste. Il est évident qu’un événement antérieur au décès des son amie l’a transformée en une machine de guerre presque dénuée d’émotion et on aurait aimé en connaître la raison.

L’organisation criminelle dont elle souhaite se venger n’est pas clairement définie et les antagonistes qui y sont associés ne sont pas assez développés. De nombreux éléments clés sont ainsi laissés aux oubliettes.

Une erreur dans la conception

Ballerina représente un exemple pertinent de projet qui aurait pu être excellent s’il avait été conçu dans un format différent. Avec une durée de seulement 1 heures et 30 minutes, effacer tous les points d’interrogations dispersés dans le scénario aurait été un défi difficile à relever. Il est probablement nécessaire de remonter à la genèse du projet pour résoudre ce problème : n’aurait-il pas été préférable de créer une mini-série percutante à la place d’un long métrage qui ne permet pas à l’histoire de s’épanouir pleinement ? My Name, à titre illustratif, est une mini-série qui traite essentiellement du même sujet. La protagoniste, interprétée à merveille par l’envoûtante Han So-Hee, s’engage corps et âme dans une mission de vengeance visant à démanteler l’organisation criminelle responsable de la mort de son père.

Ballerina

Et contrairement à Jang Ok-Ju, le personnage est loin d’être unidimensionnel et sa transformation de la jeune lycéenne abandonnée par ses proches à une tueuse assoiffée de vengeance est mise en scène à la perfection. Les téléspectateurs sont littéralement plongés dans son parcours semé d’embûches et le dénouement final est très satisfaisant. Il est indéniable que toutes les lacunes de Ballerina auraient pu être comblées si le projet avait vu le jour sous une autre forme. Et c’est d’autant plus frustrant, car la trame principale de Ballerina est peut-être même plus captivante que celle de My Name !

Casting crédible

Les acteurs sont le point fort du film en termes de qualité. Ils font de leur mieux avec les ressources dont ils disposent. Jun Jong-Seo est particulièrement saisissante dans son rôle tant sa détresse et son désir de vengeance sont palpables. Relativement rare dans l’industrie, l’actrice mériterait une plus grande reconnaissance. Kim Ji-Hoon est tout aussi convaincant dans son rôle d’ennemi majeur. Sa nonchalance associée à sa froideur suscitent un véritable sentiment de malaise. Décidément, l’acteur excelle dans l’interprétation de tueurs sans pitié. Son jeu viscéral dans Flower of Evil, un drama qui vaut certainement le détour, nous hante encore à ce jour. A noter également le cameo inattendu de Kim Young-Ok, une des « halmonis » préférées des dramavores, qui prête ses traits à une vendeuse d’armes illégales.

Ballerina

Lee Chung-Hyeon, portant la double casquette de réalisateur et scénariste, réussit à nous impliquer dans la fureur vengeresse de Jang Ok-Ju à travers de nombreuses scènes d’action et de combat habilement filmées. Toutefois, sa réalisation un peu trop nette est quelque peu décevante. On pourrait presque avoir l’impression que Lee Chung-Hyeon essaie de se conformer à tout prix à un cahier de charges établi par Netflix, ce qui n’est pas forcément la meilleure des solutions étant donné que la plateforme est tristement célèbre pour ses productions dépourvues d’une véritable âme artistique. The Call, son oeuvre précédente dans laquelle Jun Jong-Seo tenait aussi un des rôles principaux, se révélait plus puissant que ce soit au niveau de la mise en scène ou du scénario.

Affirmer que Ballerina est une mauvaise expérience pour le téléspectateur serait excessif. Le film se laisse regarder gentiment et incarne parfaitement le slogan que la plateforme ne cesse de répéter : « Netflix and chill ».  Mais il est tout de même regrettable d’être passé à coté d’un projet qui aurait pu être bien meilleur s’il avait atteint son plein potentiel.

Ballerina

BALLERINA
Genres : Action, thriller
Réalisateur et Scénariste : Lee Chung Hyun
Casting : Jeon Jong-Seo, Kim Ji hoon, Park Yoo-Rim, Park Hyung-Soo, Jang Yoon-Ji, Kim Mu-Yeol
Durée : 1h 32min
Disponible sur Netflix

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