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MAEDUP – Un lien ancestral

Mais qu’est-ce que le Maedup ?

Comment réaliser un objet avec 200 mètres de fil, sans jamais le couper, simplement en le nouant ? Comment, avec un simple fil, élaborer un monde d’une façon logique, presque mathématique ? s’interroge Pierre Cambon (Conservateur en chef du Musée Guimet en 2012). Une réponse : le maedup, véritable tradition artisanale coréenne.

Le noeud existe depuis la nuit des temps par son utilité fonctionnelle d’attache, mais il va au fil du temps acquérir une fonction « décorative ». Tradition héritée de la Chine, les premiers exemples de « maedup » (매듭) connus – noeuds en coréen – datent de la période des Trois Royaumes. Art de vie du quotidien, il est au début réservé à la cour royale, puis se reprendra parmi le peuple au cours des siècles.
De 1910 à 1945, la Corée, alors sous occupation japonaise, voit sa culture menacée. Il faudra attendre la libération et surtout les années 90 avec la création du bureau de l’industrie culturelle pour que le maedup revienne à la vie. Maintenant élevé au rang d’Art, il est considéré comme un « trésor culturel » qu’il est indispensable de préserver.

Ornant les tenues, coiffures, bijoux et également les instruments de musiques, drapeaux, pochettes et meubles, il a aussi une utilisation religieuse, notamment comme ornements bouddhiques ou encore comme porte-bonheurs de nos jours.

Maedup
Le maedup fait partie du norigae (노리개), un pendentif que l’on retrouve accroché sur les vêtements féminins traditionnels ou pour orner une pochette, comme ici dans la série Extra-Ordinary You.

L’importance du lien

Une notion de lien, une création d’attachement, une continuité, un équilibre, une harmonie, une philosophie. Le maedup, c’est la possibilité de réaliser à l’aide d’un seul fil, une cordelette de soie, (à la différence du macramé réalisé avec plusieurs fils) des objets divers et variés.
Il peut ainsi prendre différentes formes, de la nature aux objets du quotidien, en passant par une libellule, papillon ou prunier à une bague ou une lunette. Chaque noeud a une symbolique : pureté, infinité, victoire, fécondité, chance, joie, puissance.

Le maedup est à la portée de tous, même les plus jeunes. Il suffit d’en comprendre la logique et l’on peut ainsi très vite progresser.

On the Way to the airport
Le noeud Lotus en guise de bouton de secours dans la série On The Way To The Airport.

On compte ainsi actuellement une quarantaine de noeuds (Mais ce nombre peut varier). Les noeuds les plus basiques sont le « superposé » qui est utilisé le plus souvent pour commencer un ouvrage et la « bague » qui sera lui utilisé comme une perle et viendra notamment terminer l’objet. Lee O-Young (Ancien Ministre de la Culture) écrivait : « Que la cordelette est, pour le coréen, ce que le bouton est pour l’occidental ». Et le noeud lotus illustre très bien cette phrase, celui-ci étant souvent utilisé comme bouton dans la passementerie vestimentaire.

« Le hangeul développe un vocabulaire à partir de trait simple, systématisé de façon rigoureuse… l’art du maedup est en lui-même une langue aux possibilités multiple ».

Pierre Cambon

Les possibilités n’ont de limite que votre imagination et surtout une bonne dose de patience. Ce n’est pas pour rien que le maedup possède son noeud de l’infini, le noeud sans fin, le chrysanthème.

Chysantheme
Le noeud chrysanthème, un motif traditionnel du maed-up, symbole d’éternité.

Entre tradition et modernité

Mme Kim Sang Lan qui enseigne actuellement au centre culturel coréen, invente et réinvente sans cesse l’art du maedup, remettant celui-ci au coeur de ses oeuvres. Ce n’est plus un simple ornement mais une oeuvre à part entière. Elle aime à partager son art, et souhaite le préserver. Selon elle « les français semblent plus réceptifs au maedup que les coréens, avec passion et patience ». Il existe ainsi de nombreux artistes non-coréens qui utilisent les techniques de Maedup.

Maedup
Alphabet coréen en cordelettes lors de l’exposition au Centre Culturel Coréen en 2012. Chaque lettre est réalisée avec un seul fil de 20 mètres.

« Kim Sang-lan a su s’approprier les techniques ancestrales du maedup et les faire siennes, puis transformer le noeud traditionnel et le détourner artistement pour trouver des applications nouvelles et créatrices. »

Lee Jong-Soo (Ancien Directeur Centre Culturel Coréen à Paris)
Mandala
Mandala et Mandala-Clé par Kim Sang-Lan

Remerciements à Mme Kim Sang Lan pour ses conseils.

Allez plus loin : Artiste : Kim Sang Lan

Mme Kim Sang Lan est une artiste coréenne qui pratique depuis plus de 30 ans l’art du maedup que lui a transmis un maître coréen. Artiste renommée, elle vit en France, participe à des expositions et donne des cours de noeud coréen à
Paris. Elle a édité un livre pour vous initier au maedup avec des photos pas à pas.
En 2000, elle est décorée Chevalier dans l’ordre des Arts et des lettres par le ministère de la Culture en France.
Site internet : https://www.kimsanglan.art

Extrait de K-Society #3 en 2020

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